
Résumé : Turquoise : une planète couverte de forêts et baignée par les rayons d’une naine rouge, dans la constellation de la Balance. Turquoise : un monde perdu que les producteurs d’une émission de télé-réalité ont choisi comme décor pour la cent vingt-troisième saison de leur jeu. L’objectif : coloniser la totalité des terres habitables afin d’y installer de gigantesques complexes touristiques.
Venues de toute la galaxie, quatre équipes de six joueurs sont envoyées sur Turquoise. Pour ce premier épisode, qui doit ne constituer qu’une sorte de mise en jambes, on les a débarqués sur une petite île. Les gagnants seront ceux qui se seront rendus maîtres de la plus grande portion de territoire. Rien de très difficile en apparence, puisque la végétation luxuriante est censée n’abriter aucune espèce animale, aucun agresseur potentiel. Il suffit d’imiter les moines des temps obscurs et d’abattre un maximum d’arbres. Et pourtant… quelle est donc la mystérieuse entité qui s’oppose à toute tentative de déforestation ?
Turquoise est un roman de science fiction écrit par Eric Lysoe et publié en février 2024 chez les éditions Ex Aequo dans la collection Atlanteis. Je les remercie de m’avoir permis de découvrir ce livre.
Disclaimer : partenariat non rémunéré pour toujours les mêmes (deux maisons phares, Beta et Ex-Aequo bon on change pas des équipes qui gagnent). Donc comme d’habitude, faites-vous votre propre avis comme les êtres doués de raison que vous êtes. Bisous.
Cela fait déjà quelques temps que je n’ai pas lu de science fiction, et pour cause : éternelles et sempiternelles intrigues dystopiques de destruction de la Terre (bon j’entends vu l’état actuel des choses ça fait sens), de robots tueurs et autres simagrées. Alors tiens, Turquoise propose une histoire inédite de télé-réalité futuriste où le but final est de coloniser une nouvelle planète suite à l’affrontement de plusieurs équipes où se mélangent tout un tas d’humains d’origine différente et de forme différente, dans un espace temps bien distinct du nôtre. C’est ce résumé pour le moins attrayant qui m’a donné envie de me lancer dans la lecture de Turquoise.
« L’île était forêt. Et la forêt était mutique. »
Le décor est vite planté sur cette nouvelle planète, où nos équipes vont devoir s’affronter (sans tuer) pour gagner le plus de points possibles, et d’adorateurs parmi les spectateurs de toutes les galaxies. Ici, on s’intéresse particulièrement à l’équipe de Würsten un des terriens du jeu. Ce qui est assez intrigant dans ce livre, c’est que l’on pourrait s’attendre à ce que les interactions entre les équipes soient multiples et qu’il s’agisse finalement d’une énième compétition avec un manichéisme rébarbatif ; mais le locuteur principal de nos aventuriers est pourtant tout autre, ce qui donne une dynamique inédite (je trouve, je n’ai pas lu tous les livres de la terre ou de la galaxie, loin de là) à ce livre que j’ai apprécié.
Turquoise est un roman qui se veut divertissant mais qui porte une grande revendication écologique et qui échappe à l’apparente sociologie archaïque de la science-fiction (et des sciences de manière générale), avec un univers travaillé d’une façon remarquable. On ne peut que louer l’imagination de l’auteur qui mêle savamment science et avancées futuristes tout en interprétant la vie d’une manière assez fascinante, comme cette forêt pensante qui agit de son propre chef. Mention spéciale également à G6K (alias Jessica pour les intimes), le robot humanoïde de l’équipe dont on oublie parfois qu’il est effectivement un être férrailleux, devant l’humanité de certaines de ses réflexions.
« Il était d’autant plus déplaisant que son extrême laideur n’était même pas compensée par son caractère. Quelles que soient les diurnes et les z’eures, il était en général d’une humeur maussade, au mieux belliqueuse, au pire massacrante. Son allure habituelle ajoutait à ce tableau d’ensemble. »
Finalement, Turquoise a tout ce qu’il faut pour être un bon livre de science fiction : une intrigue pertinente, un bon lot de questionnements avant-gardistes, des personnages sympathiques aux mœurs bien moins guindées que beaucoup d’entre nous, et surtout une très jolie qualité d’écriture. Il y a peut-être un tout petit peu trop de détails pour moi (c’est vraiment trèèèèèèèès subjectif encore une fois) mais ça correspond au genre ce qui n’est pas un défaut loin de là. Le décor est donc vraiment bien planté et je le dis encore une fois, mais on sent tout le travail derrière ces mots.
À lire ou pas ? Un très bon livre de science fiction qui mérite qu’on s’y intéresse, je le recommande à tous les férus du genre mais également aux néophytes.
4,5/5 est ma note pour ce livre.
Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu ! Quels sont vos livres de science-fiction préférés ? N’hésitez pas à me laisser un petit commentaire que nous en discutions, et surtout…
Bouquinement vôtre, Jade
Oh ben justement c’est ma lecture en cours ^^ Et déjà je constate bien cette revendication écologique dont tu parles !!
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Oui tu vas voir c’est très dans l’ère du temps genre ça questionne le genre, l’écologie etc c’est assez intéressant d’un point de vue socio écologique
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