
Résumé : Quand une mystérieuse amnésie balaye l’humanité, tout s’effondre : le langage se dissout, les mythes s’évanouissent, et tous les tabous se brisent. De cette « remise à zéro » naît un monde à la fois désespéré et fascinant, mû par les instincts les plus primaires. Spencer Berger, génie de l’intelligence artificielle adulé comme un sauveur, croyait avoir offert à l’humanité la clé de son avenir. Mais quand Zacharie – neurologue brillant, rescapé inexplicable de cette contagion – est convié à une enquête urgente au Maroc, il découvre un secret qui pourrait changer le destin des survivants. Traqué par des êtres pareils à des zombies – privés de conscience et guidés par une rage viscérale – Zacharie entrevoit une ultime chance de rédemption. Mais saura-t-il rallumer la flamme de la mémoire et redonner à l’homme sa part d’humanité, ou plongera-t-il, lui aussi, dans l’obscurité pour toujours ?
REZET est un thriller dystopique écrit par le Docteur Aurélien Benoilid, et publié en février 2026 chez les éditions Beta Publisher.
Disclaimer : livre auto-financé par mes propres pécules, lecture totalement influencée par le fait que ce soit un confrère qui ait écrit le livre, lecture non influencée par l’IA au risque de vous décevoir. Bisous.
Intelligence Artificielle. Dystopie. Post-apo. Un savant mélange de mots clés qui donnent envie au lecteur affamé d’œuvres dantesques de se plonger dans REZET. Non pas que le thème zombiesque soit inédit, loin de moi l’idée d’enlever à The Walking Dead et ses rôdeurs et World War Z leurs lauriers ; néanmoins les zombies de REZET sont pour le moins surprenants. Écumants, comme les renomme Zacharie, un professeur de neurologie émérite, président de la Société Internationale de la Lutte contre la Maladie d’Alzheimer (ou SILA) et dont le père souffre de cette maladie que l’on rappelle incurable (même par son fils qui contre toute attente à l’air de peser dans le game médical). Zacharie est célibataire, a un sacré penchant pour la secrétaire d’accueil de la « Cour des Miracles » (l’EHPAD où loge son père, qui ne s’appelle pas vraiment comme ça pour des raisons ÉVIDENTES), adore son chien même si ce dernier a tendance à retapisser l’appartement de ses fèces ; bref, Zacharie vit une vie normale de médecin (professeur, ils sont tatillons sur le titre) normal, avec un père fréquemment anormal (on rappelle que la prévalence de la maladie d’Alzheimer c’est 1,2 millions de personnes en France quand même, merci l’INSERM), dans un monde futuriste où l’IA CERBER du Berger régit la vérité, la médecine, les probabilités.
Du haut de ses treize ans, il ne craignait pas la mort. Il était simplement par avance nostalgique de la vie.
Sauf qu’un jour, tout ce petit monde bâtit par le Berger et ses petits moutons, et notamment l’e-Care, le pendant IA qui diagnostique toutes les maladies, s’effondre. Il existe une maladie, une pandémie inconnue qui touche toute la population, tous âges et comorbidités confondues, sans que l’on sache pourquoi. En fait nous, on ne sait plus rien puisque c’est l’e-Care qui sait ; mais même l’e-Care ne sait plus. Et seul Zacharie et son père semblent « immunisés » contre ce nouveau fléau (encore un) sociétal d’écumisation de la société (parce qu’il appelle les zombies les écumants, vous avez saisi ?). Le pitch est convainquant, et porté par la plume et l’ambition d’Aurélien Benoilid (Dr), dont la phraséologie reste classique mais efficace pour engager le lecteur dans son histoire.
Une histoire qui reste d’actualité, qui pourrait être vraie dans le futur ; de tous temps les hommes ont eu à cœur de deviner l’avenir, en lisant les étoiles, les cartes, en le gravant dans le bois, la pierre puis le papier. Même actuellement, les groupes savants projettent la destinée sur des estimations environnementales d’effondrement de civilisation (je ne suis pas du tout dans le catastrophisme, ceci-dit je ne suis pas sure que l’utilisation d’une brosse à dent en bambou change le schmilblick, faudrait plutôt s’intéresser aux grosses industries je dis ça je dis rien). Je ne dis pas que la version d’Aurélien Benoilid est la bonne version de notre futur (j’avoue espérer que ça ne soit pas le cas), mais elle est très intéressante puisqu’elle adresse des problématiques moderne et réelle, notamment sur la place de l’Intelligence Artificielle dans la société et l’impact qu’elle peut avoir quand on en devient complètement dépendant. Le rapport à la maladie est aussi très bien articulé avec une relation père-fils touchante.
Nous n’allons pas au ciel quand nous mourrons. c’est lui qui vient vers nous quand la mort nous accueille.
Alors, la question qu’on se pose à la fin de la lecture de ce livre, après toutes les péripéties de Zacharie, de son père, de son chien et des écumants (oui, il y a toujours des zombies dans l’histoire), c’est quelle est la frontière entre la philanthropie, la machine, les vraies sensations ? Est-ce qu’une Intelligence Artificielle, une manipulation génétique et mécanistique peut s’humaniser, exprimer de réelles émotions, alors même qu’elle est censée être une machinerie calibrée et neutre ? Est-ce que l’Humain est voué à répéter les mêmes erreurs, les mêmes schémas de vie ? Une question ouverte à laquelle je n’ai, nous n’avons pas, et n’aurons probablement jamais la réponse. Des questionnements savamment amenés au détour de quelques scènes d’action, d’une intrigue logique avec des explications physiopathologiques raisonnés.
À lire ou pas ? REZET est, au delà du côté sensas de la dystopie, des zombies est avant tout un livre qui amène à la réflexion. On s’y amuse mais on s’y interroge également. Un bon moment de lecture, soit parce qu’on adore la dystopie, soit parce qu’on aime bien s’emberlificoter le cerveau.
4/5 est ma note pour ce livre.
Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu ! Comme d’habitude je me perds dans mes élucubrations mais bon, vous commencez à me connaître depuis le temps aha.
Bouquinement vôtre, Jade