
Résumé : La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans un baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.
Betty est un roman publié en août 2020 aux Éditions Gallmeister.
Disclaimer : TW inceste, viol, violences, ouais si vous êtes un peu sensibles passez votre chemin. Mais le livre vaut le coup, et, vous pouvez vous le procurer dans toutes les bonnes librairies ou sur l’internet international (même si 3 euros de frais de port quoi, c vous qui choisissez).
Il est un peu dur d’écrire une chronique sur un livre qui a tant plu et qui a été décortiqué par des plumes beaucoup plus poétiques que la mienne, dont le résumé a été maintes et maintes fois synopsié et où l’incipit n’a plus de secret pour les lecteurs aguerris que nous sommes. Mais je vais quand même tenter un petit quelque chose, pour ceux qui seraient passés à côté de cette jolie tranche de vie littéraire, comme moi pendant trois ans. Betty, c’est l’hommage de Tiffany McDaniel à sa mère, moitié cherokee moitié blanche, dans un récit homodiégétique d’une beauté naturelle, et qui m’a fait d’ailleurs penser à Kukum au tout début. On y suit donc la vie de Betty Carpenter, de la rencontre de ses parents à sa naissance, puis sa jeunesse et son adolescence, bercé par le rythme saccadé de la vie de son père, sa mère, ses frères et sœurs, et de ses émotions à elle.
« Et qu’est-ce que l’infini, sinon un serment confus ? Une portion de ciel bleu fuchsia. Si l’on redescend sur terre, l’infini prend la forme d’une succession de collines ondoyantes. Un coin de campagne dans l’Ohio où tous les serpents dans les hautes herbes de la prairie savent comment les anges perdent leurs ailes ».
Je dirais que c’est un livre que vous devez commencer et continuer à lire quand vous êtes en forme. Physiquement et psychiquement aussi, bien qu’il ne soit pas aussi tord boyaux que Le Démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon Borie. Car l’histoire de Betty n’est pas de tout repos et la poésie métaphorique de son père et plus tard celle de son esprit à elle se mêle à la violence de l’inceste, du racisme, de la mort et de la maladie. C’est un récit tout à fait complexe et il faudra s’accrocher dans les toutes premières pages, où l’on découvre le regard sur la vie de Landon Carpenter (le père de Betty) qui digresse pense-t-on au départ, mais qui est finalement d’une beauté surprenante quand on voit ses histoires dans les yeux d’une enfant.
Il est intéressant d’observer l’évolution de Betty au fur et à mesure qu’elle grandit, tandis que le monde qu’elle a connu s’efface autour d’elle ; des histoires de son père qui s’amenuisent et ne sont plus aussi belles qu’avant, des affres de sa mère que l’on déteste et que l’on aime à la fois, aussi tourmentés que Betty devant cette matriarche qui semble perdre la tête, et qui est pourtant très lucide sur ce qu’elle a subi ; petit à petit, Betty écrit sur des papiers les maux de sa famille qu’elle enterre pour les faire disparaître, à la manière de son père qui conte des histoires pour dissiper les peines. La dynamique intrafamiliale est superbe, alors qu’elle est ponctuée d’un millier de défauts.
« Tout ce dont nous avons besoin pour vivre une vie aussi longue que ce qui nous est accordé nous a été donné dans la nature {…}. Ça ne signifie pas que si vous mangez telle ou telle plante vous ne mourrez jamais, car la plante elle-même mourra un jour, et vous n’avez rien de plus qu’elle. Tout ce que nous pouvons faire, c’est guérir ce qui peut l’être et apaiser les souffrances causées par ce qui ne peut pas l’être. En tous cas, nous apportons la terre en nous et entretenons la conscience que même la plus petite feuille a une âme ».
Betty c’est un hommage au père, à la nature, une ode à l’enfance et à l’amour ; c’est un saccage émotion, une montagne russe de sensations qui nous saisissent à la gorge. Plus de 700 pages qui se lisent d’une traite, alternant l’affection et le dégoût, la colère et la liberté, un récit initiatique qui a bouleversé (et bouleversera encore) de nombreux lecteurs. Point final, j’enterre ma chronique, et vous, allez lire ce livre.
À lire ou pas ? Oui ? Je vois pas quoi d’autres vous dire de plus. Mais attention, c’est un peu hard quand même y’a des scènes c’était un peu horrible j’avais envie de fermer les yeux et de ne rien savoir.
5/5 est ma note pour ce livre.
Et voilà, cette chronique est dès à présent terminée, j’espère qu’elle vous aura plu ! Un peu dur à écrire quand tout le monde a déjà parlé du bouquin, mais bon, j’ai essayé de faire un peu à ma sauce pour vous proposer quelque chose quand même (puis y’a des gens qui l’ont pas lu aussi même). Donc voilà, n’hésitez pas à me laisser un commentaire pour que nous discutions, et surtout…
… Bouquinement vôtre, Jade
Quand je t’ai vu débuté le livre sur Instagram je me suis houlà lol
Moi j’ai détesté, et je n’ai pas pu finir le livre, clairement je n’arrive pas du tout à comprendre l’engouement autour. Ça me fend le coeur car l’actrice à l’air super sympa elle m’a même laisser un petit commentaire sur Instagram, j’étais un peu gêné de ne pas avoir aimer son livre (on est même au delà de pas aimer pour ma part mdr)
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Oui franchement je comprends ça dépend vraiment des personnes ce livre c’est soit c’est trop bien soit on déteste
Personnellement j’étais dubitative au début, j’ai eu du mal, et en fait le laisser mûrir dans ma tête un temps avant de faire ma chronique c’était une bonne chose parce que j’en suis sortie vidée
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Je pense effectivement que c’est soit ça passe soit ça casse mais ce livre ne peut pas te laisser indifférent 😂
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